Quand la Freelosophy apporte des réponses à la crise politique
Crédit photo: JAIRO BD
La crise financière a provoqué la crise économique, qui devrait entrainer une crise sociale puis une crise politique. Aucune réponse réellement efficace n'est apportée aujourd'hui par les partis majoritaires. Tous promettent des ruptures mais aucun ne parvient à se délester du poids des dogmes. A gauche comme à droite, à grand coups de taxes, de moralisation, de repression, on ne cesse, souvent de bonne foi mais toujours sans succès, de tenter de résoudre cette équation : "liberté + partage = progrès"
Je n'adhère à aucun parti et je ne vote pas. Depuis plusieurs années, mon engagement en politique est réduit à sa plus simple expression : initier (parfois avec désenchantement) des projets libres et ouverts. J'ai juste une idée assez vague de la société dans laquelle j'aimerai vivre. Une société sans frontière, la plus autogérée possible, pour le progrès, le partage et la liberté. Vague idée? Et pourtant...
La "Freelosophy", une philosophie politique ?
La "Freelosophy", "le courant libre" est un mouvement de pensée qui prone la dépénalisation du partage de la connaissance et la criminalisation des entraves à ce partage. Il part du prinicipe que l'information n'est pas une propriété privée. Le mouvement Open Source, applique cette notion à la création logicielle. L'économie du logiciel libre a prouvé qu'en pratique cela était compatible avec la création de valeurs (intellectuelle et économique). Cela a démontré une réelle efficacité dans la mise en oeuvre de produits compétitifs, efficaces et de qualité. L'Open Source base son modèle économique sur le travail et non sur le capital. C'est le travail des créateurs ou des utilisateurs de logiciels qui est rémunéré dans l'industrie du libre. Le capital, à savoir "le droit d'usage" est "libre", "gratuit" et sa "distribution" encouragée. Cette approche, qui consiste à privilégier le travail au capital, la circulation plutôt que l'accumulation d'énergie, le "muscle" plutôt que "gras" est au coeur de la Freelosophy.
La crise qui arrive est née dans un système dans lequel la valeur est donnée plus au capital et à sa protection qu'au travail et à son développement. C'est pour cette raison que le "courant libre" devrait jouer un rôle politique plus important.
La Freelosophy au pouvoir avec Obama ?
Lawrence Lessig, important contributeur du courant libre, fondateur et président du conseil d'administration de l'organisation Creative Commons, a fait parti du comité de soutien du nouveau président américain pendant sa campagne. Barack Obama a mis Internet et son développement au coeur de sa stratégie pour la relance de l'économie. Il considére par exemple prioritaires les questions de la neutralité d'Internet et les questions de droits d'auteur. Il s'est entouré de personnalités comme le même Lessig (un temps pressenti à la tête de la FCC, l'autorité de régulation des communications américaines), Jimmy Wales (fondateur de Wikipedia), Tim O'Reilly, Cory Doctorow ou encore Mitch Kapor. Toutes ces personnalités sont des acteurs majeures du "courant libre".
Actions et applications concrètes de la Freelosophy.
Mais qu'est ce que le "courant libre" propose concrètement? Quelles actions politiques peuvent être menées pour transformer notre société, notre rapport au travail et au capital ?
Avant tout il faudrait inverser notre perception même de la chose politique. Trop longtemps laissée aux mains d'une poignée de dirigeants, l'organisation des sociétés devrait redevenir l'affaire de chaque individu et inciter à l'auto-gestion. Chacun dans sa singularité, chacun à sa mesure, chacun avec sa responsabilité oeuvrerait pour le bien commun. Cette vision est notamment définie dans le classique "La cathédrale et le bazar" écrit par Eric S. Raymond.
La première décision concrète qui pourrait changer la donne serait une modification du code de la propriété. Cela commencerait à inverser l'équilibre capital / travail. Cette modification ne consiste pas à abolir la notion de propriété privée sur les biens matériels mais de remanier les lois sur les droits d'utilisation et de reproduction des biens immatériels, et refondre ainsi le système de brevets. En s'inspirant de ce qui a été fait dans le monde du logiciel libre et des travaux de l'organisation Creative Commons, on pourrait mettre en place des réglementations qui accéléreraient l'innovation et la création dans d'autres domaines que ceux des technologies de l'information. On pense naturellement à la recherche médicale, à la culture, à l'agriculture, aux médias, à la protection de la vie privée, à l'éducation etc...
Des tentatives européennes pour l'instant marginales
Pour le moment, l'Europe n'a pas pris au sérieux cette possibilité d'une application politique des idées émanant du "courant libre". Un parti politique suédois a sucité l'hilarité générale lorsqu'il a été créé sous le nom du "parti pirate". A l'approche des élections européennes, cette année, il fait la surprise dans les sondages car plus de 20% des suedois se disent prets à voter pour ce même parti ! Au dela de l'aspect potache de la chose, je vous engage à jeter un oeil aux idées promues par ses défenseurs et notamment ce qui se dit en matière de recherche médicale...
Cette année, je suivrais ici la question et vous proposerai d'aller plus loin ou de participer à des débats, peut être un Barcamp ?
Pour aller plus loin jetez un oeil à :
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Excellent article. Merci et
Excellent article.
Merci et j'attends avec impatience votre nouveau blog.
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