zeroW, le premier digital media sans site web !

Merci pour votre recommandation

 

 

Depuis mars dernier le trafic de Facebook a dépassé celui de Google. Les réseaux sociaux en général et Facebook en particulier sont alors devenu des enjeux importants pour la presse

De plus en plus de sites media adoptent des "stratégies de pollinisation". Se multiplient donc les comptes Twitter et pages fan Facebook au nom de ces medias, mais aussi au nom des thématiques les plus porteuses (le sport, la politique, le people, la culture...). Le meilleur exemple reste celui du HuffingtonPost qui propose toute une série de "connecteurs sociaux" à ses lecteurs. Il réussit ainsi à constituer son propre "graphe social" plutôt que de le céder sans contrepartie à Facebook et Twitter.

Jusqu'où ira cette tendance? Pourrait-on imaginer que les sites de media finissent par être totalement absorbés par ces plateformes sociales? Certains le pensent à l'instar de Vadim Lavrusik digital journalist au New York Times.

Mais creusons cette piste sur un cas concret et voyons à quoi pourrait ressembler un tel media. Imaginons un journal qui s'appellerait zeroW. La stratégie de zeroW sur Internet est de ne pas avoir de site web ! Seul subsisterait un nom de domaine (zeroW.com), auquel serait associé une simple carte de visite virtuelle comportant l'ensemble des coordonnées de zeroW sur les différents réseaux sociaux. Les contenus audio, video, images et textes, qu'ils soient produits ou seulement sélectionnés depuis des sources externes, seraient donc postés dans des espaces dédiés sur ces différents réseaux sociaux : par exemple, des vidéos et des diaporamas sonores sur Youtube, des textes, contenus multimédias et images sur Facebook et Twitter, des débats animés sur des forums de discussions hébergés sur Yahoo, Facebook, Google... La règle d'or à respecter serait de ne rien héberger sur le domaine zerow.com !

Les objectifs de zeroW sur Internet sont simples : 

- ne plus avoir une toute petite parcelle d'internet comme espace de publication mais l'internet tout entier
- se concentrer sur l'audience et utiliser au maximum les mécanismes viraux
- diminuer drastiquement les couts (notamment les couts techniques)
- jouer la carte de l'innovation en étant le premier media de ce type
- accumuler la base de contacts (fans Facebook, followers twitter, mailing-list Yahoo - Google, etc...)
- capitaliser sur la marque véhiculée systématiquement dans chaque contenu dispersé (logo, djingle)

... et surtout valoriser cet actif en proposant des produits et services à haute valeur ajoutée via ces nouveaux canaux

 L'idée est donc de jouer à fond la carte de la pollinisation tout en diminuant drastiquement les côuts de fonctionnement. Parmi les produits et services proposés on pourrait trouver :
- des éditions hebdomadaires ou mensuels payantes sur iPad & iPhone
- un magazine papier en série limitée, à la facture soignée et au côut élevé
- la création et la monétisation de l'accès à un club au nombre limité de membres (ces derniers se verraient proposer des services et produits exclusifs)
- l'organisation d'événements payants réservés seulement aux membres du club
- etc...

A ma connaissance zeroW n'existe pas encore, mais je suis prêt à parier cher que dans moins d'un an plusieurs media utiliseront ce modèle pour se développer.



Portrait de Jérémy

Un peu sceptique... Autant

Un peu sceptique...
Autant l'idée est bonne, je ne suis pas du tout convaincu par la faisabilité d'un tel concept.
Une raison simple ? Les mentalités. Les décideurs ne sont pas nés avec les réseaux sociaux, ne s'y sont pas vraiment immergés pour la plupart et ne sont donc pas prêts à faire un saut pareil.
Le jour ou des jeunes (la génération actuelle ou la suivante, les vrais digital natives) créeront un média, alors oui ce genre de schémas deviendra possible...

Portrait de Michel Levy-Provencal

... pour l'instant! Les

... pour l'instant!

Les choses bougent vite trés vite sur le réseau. Il y a 3 ans Facebook apparaissait en France et il y a deux ans Twitter... Mais je te l'accorde, c'est vrai que pour l'instant la plupart des décideurs risquent d'être sceptiques. Sauf les plus visionnaires d'entre eux.

Portrait de n_aya

Une bonne idée pour faire

Une bonne idée pour faire du miel mais pas si productive que çà pour amener des abeilles à oeuvrer pour une seule ruche.
Il me semble que la principale difficulté est de se créer une renommée/marque de confiance/lable/communauté puis d'alimenter les membres via les outils sociaux et autres plateformes de stockage claude-computées.
Les sites webs sont morts depuis l'invention des widgets et des embbeds, la stratégie de concaténation n'est plus le summum de la fraicheur me semble-t-il. Pour faire de la gelée royale, il faut le meilleur pollen c'est tout ;)

Portrait de JN Chaintreuil

La vision est bonne! Je sens

La vision est bonne! Je sens que tes lectures de vacances t'ont permis de fourmiller de nouvelles idées.
Je partage les avis précédents : d'un point de vue financier, c'est parfait mais j'ai un doute sur la durée de construction de la marque. En combien de temps une marque purement conceptuelle peut se créer une crédibilité et une legitimité?
En tout cas, cela donne matière à réflexion!

Portrait de Michel Levy-Provencal

Absolument... ;-) Je

Absolument... ;-)
Je travaille à notre projet. On en reparle à mon retour (encore incertain)

Portrait de Vincent

Cette vision, un peu en

Cette vision, un peu en avance pour le public français, au vu du dernier baromètre écho (http://www.jardindunet.com/2010/04/18/barometre-echo-les-francais-face-a...)pose pour moi la question de la responsabilité des journalistes en tant que corps organisé i.e. une rédaction.
Une rédaction n'est pas seulement une agglomération de producteurs de contenus, elle se définit aussi par sa capacité à faire des choix éditoriaux, à les hiérarchiser, à les organiser, à les mettre en rapport les uns aux autres.
"The days of publishing pooh-bahs dictating to us what's important and what's not are over" dit Arianna Huffington dans le billet que tu cites (http://blog.facebook.com/blog.php?post=120584762130). Quelle étonnante façon de définir la relation d'un lecteur/internaute à ses médias ! En quoi la hiérarchie d'un journal est-elle un diktat ? C'est une proposition, que je choisis ou pas de suivre. Mais c'est aussi un tout, que l'on consomme ou pas intégralement, mais qui tente - la plupart du temps - d'être honnête intellectuellement.
Et la dispersion en kit des contenus sans aucun manuel de montage, et sans produit fini existant quelque part, fait perdre cette proposition intellectuelle, cette réflexion sur la hiérarchie, sur les face-à-face et les débats qu'accueille forcément un média.
D'autant plus si le média en question n'est pas non plus un véritable producteur de contenus - mais sans doute ai-je mal compris ta proposition quand tu dis "Les contenus audio, video, images et textes, qu'ils soient produits ou seulement sélectionnés depuis des sources externes, seraient donc postés dans des espaces dédiés sur ces différents réseaux sociaux".
Quant à construire une identité pour un média nouveau sans contenu originaux et sans cet espace de "consolidation", cela m'apparaît très hasardeux.
Autant la pollinisation des contenus me semble indispensable, autant il me semble regrettable de détruire la ruche...

Portrait de Michel Levy-Provencal

La ruche n'est pas

La ruche n'est pas détruite, elle est décentralisée. Le web est une niche dans l'internet d'aujourd'hui!

Portrait de Laurent Javault

Je trouve l'idée pertinente

Je trouve l'idée pertinente et séduisante.
Je pense que la plus-value intellectuelle des journalistes peut-être apportée dans le contenu même (par exemple le choix d'interviewer tel expert vraiment très compétent plutôt que "l'expert du coin - bateleur d'estrade" qu'on appelle à tout bout de champ) ; le contenant, pour le coup important beaucoup moins.
Un contenant qui, malgré tout, effectivement, peut être l'outil de synthèse (en même temps que valorisation de la marque et de ses lecteurs) à travers une édition papier "luxe".
je pense qu'une accumulation - ou récurrence systématisée - de contenus "pollinisés" draînant cette fameuse pertinence, re-légitime justement la marque média. La marque média regagne alors ses galons de "grande presse" en apportant chaque jour une nouvelle preuve de la qualité de son info.
Côté frais techniques, ceux-ci peuvent être justement (en partie ou totalement) ré-employés vers l'investigation, l'enquête (cf ce que je dis sur la pertinence du contenu).
Seul bémol, il est vrai, c'est le fait qu'une proportion sans doute non négligeable de lectrices et lecteurs n'est pas préparée à cette approche ; contrairement à une majorité (mais non une totalité loin de là) de digital natives.

Portrait de tcrouzet

C'est ce que l'année

C'est ce que l'année dernière j'avais appelé le site web sans site web... cette tendance devrait se généraliser... et je pense que même les réseaux sociaux se dématérialiseront.

Portrait de Damien VanAchter

+1 L'idée d'une cohérence

+1
L'idée d'une cohérence de plumes agissant de manière décentralisée et autonome, avec une marque forte en toile de fond (typiquement, un joli watermark dans toutes leurs vidéos), avec un digest hebdo/mensuel très qualitatif (une éditorialisation) sur un support ad hoc (papier, iPad), me paraît une très bonne voie à creuser.
Chaque producteur de ZeroW gèrerait sa communauté comme bon lui semble, entretenant celle-ci en même temps que l'image de la marque qui soutient son activité et le rémunère proportionnellement à sa participation au digest payant. (+ 1 fixe en échange du watermarking des ses contenus ?)

En fait, c'est le process exactement inverse de celui actuellement en vigueur (d'abord remplir le papier/maga et le vendre, ensuite éventuellement le producteur du contenu peut en faire la promo en ligne, entretenir son réseau, etc ... et c'est encore pire avec la TV et la radio.

Je te suis :-)

Portrait de narvic

J'ai trois remarques...

J'ai trois remarques... ;-)

1/ "pollinisation" et "ruche", c'est encore très centralisé tout ça, en fait. L'essentiel de ce qui caractérise l'organisation des médias traditionnels est conservé : une rédaction, une marque. Comme on dit dans le domaine administratif, il faudrait parler dans ce cas d'un modèle "déconcentré" plutôt que "décentralisé", car il continue à être organisé autour d'un centre, même si celui-ci est moins dense.

2/ Mais vu que le mouvement que tu relèves semble bien être un mouvement de fond (ce n'est d'ailleurs pas la première fois que tu le soulignes ici, et quelques autres avec toi ;-) alors autant le prolonger plus loin que tu ne le fais dans ce billet, vers la décentralisation réelle. Ça conduit à un changement de topologie du réseau : du modèle en étoile, qui reste celui de ta ruche, à un modèle maillé, qui n'a plus de centre. A la rédaction et à la marque se substituent des réseaux de personnes et des réseaux de réseaux... Un fonctionnement quelque part entre syndication et syndicalisme ! :-))

3/ Enfin, est-ce parce que nous voyons cette tendance se dessiner que l'on doit forcément accompagner, voire accélérer ce mouvement ? Ce fonctionnement réticulaire non seulement de la circulation de l'information, mais de plus en plus de sa fabrication aussi, présente en effet de sérieux inconvénients : c'est une gigantesque et incontrôlable machine à fabriquer du buzz ! Il devient de plus en plus urgent de trouver des dispositifs de régulation de cette machine, d'y faire émerger des repères, des références, de mettre en place des "boucles de contrôle", de validation et de vérification. On doit aussi traiter le problème à un autre niveau, sur une autre temporalité ou un autre "rythme" : c'est la question de la mémoire contre l'instantané. Il y a un "temps long" de l'information auquel cette organisation "réticulaire maillée" est très mal adapté: c'est le temps de la documentation, de l'enquête, de la mise en perspective, de l'analyse...

Portrait de Michel Levy-Provencal

Concernant le 3eme point, il

Concernant le 3eme point, il ne s'agit pas de buzz, mais au contraire de filtre.

Aujourd'hui les agrégateurs filtrent et republient sur un site web des contenus, validés, hierarchisés, édités.

ZEROW élémine le site web et le remplace par un watermark, un logo floqué sur les contenus.

ZEROW est en réalité plus un modèle de label que de media.

Portrait de Marie-Laure

Une idée très

Une idée très intéressante que j'ai tout de suite envie de creuser ! Mais comme cela a été dit dans les commentaires : comment construire une notoriété via une présence de type "pollenisation" ? Par des contenus riches et renouvelés, j'imagine... ? Sinon 2 réserves : 1nt, les produits et services imaginés coûtent chers, alors que l'objectif est de diminuer les coûts de fonctionnement. Et 2nt, ce genre de services "privatifs" et payants a peu de chance de toucher la génération Y (disons les moins de 30 ans), à la fois pour des raisons culturelles et économiques. Or ce sont eux qui constituent le gros de l'audience sur ces "connecteurs"(facebook, twitter etc.
Mais la vision n'en reste pas moins très féconde, surtout dans la perspective du développement d'outils de consultation autres que l'écran de l'ordinateur.

Portrait de Philippe MÉDA

Le message échappe de

Le message échappe de façon de plus en plus explosive au contenant www.monsite.com.

Nous allons avoir rapidement avoir besoin d'interface d'agrégation de ce que dit une entreprise (média ou non) sur Facebook, Twitter, Linkedin, des forums, ses commentaires sur d'autres sites (mes lecteurs sur merkapt.com ne verront probablement pas ce commentaire d'ailleurs, sauf si je prends la peine de le réécrire) etc.

Beaucoup de mes clients pure players web, commencent d'ailleurs à bien intégrer un pipeline inversé qui va de leur présence sur les sites sociaux, pour arriver en fin de course sur leur site web marchand. Ce dernier se résumant de plus en pus à gérer sans encombre la commande, la vente ayant été faite ailleurs (Facebook ou autre).

Je vois donc arriver très rapidement une grosse convergence entre veille économique, e-reputation et web-marketing. Sujets pour l'instant religieusement défendus par des zélotes isolés.

De ce point de vue les interfaces que commence à proposer Microsoft sur leur KIN (à la fois sur leur mobile et sur le site pivot) me semblent intéressantes. On est dans un flux multisource, pas mal packagé et focalisé sur la rediffusion. Bon sang ! Je ne pensais pas vraiment associer Microsoft et intéressant dans une même phrase, mais le fait est là. ^_^

Portrait de Erik Nicolas (Munchausen)

Bonjour C'est une vision

Bonjour

C'est une vision intéressante mais qui ne peut fonctionner que dans certaines conditions a mon avis.

Premièrement le business ou l'information présentée doit être impérativement B2C. En B2B la plupart des médias sociaux sont bloqué par des Firewall d'entreprise (donc visibilité Zero)

Deuxièmement le manager de communauté ne doit pas se contenter de partager des bons plans et faire du Buzz généraliste. Il doit être un leader charismatique capable de rassembler une communauté autour de sa personne autant que de son offre (Bref un Steeve Jobs, un Warren Buffet,... ).

Sans cette Superstar le concept développé dans cet article ne vaut rien. L'information sera aussi protéiforme que la diversité des média la supportant. Pour assurer une cohérence il faut un élément de formatage fort.

Troisièmement il va falloir beaucoup de patience pour pousser les consommateurs à changer de média social pour suivre l'offre. En effet pour arriver à percevoir la portée globale de ce concept il faut le voir dans toute sa largeur. Si les consommateurs se contentent de l'apercevoir uniquement dans le champ de leur média social et nulle part ailleurs il ne pourront pas évaluer l'offre à sa juste valeur.

Quatrièmement, je pense qu'il est idiot de croire faire des économies en supprimant le QG de l'offre qu'est le site internet.

Au contraire cela va coûter bien plus cher d'animer et rendre cohérent le tapage social permanent qui va servir de support à l'offre. Car sans des mises à jours incessantes la visibilité de l'offre va très vite disparaître dans les tréfonds de médias sociaux qui communiquent (et rendent obsolètes) de plus en plus vite les informations.

Le site internet lui travaille à votre rythme. Il assure la visibilité de votre offre (et uniquement votre offre) à long terme. Bref ce site demande bien moins de travail tout en garantissant une visibilité pérenne.

Bref le site coûte en fait bien moins cher que la journalisation incessante de médias que vous ne pouvez aussi bien maîtriser. Le temps c'est de l'argent et en l'occurrence baser sa visibilité uniquement sur les médias sociaux va être monstrueusement cher en terme de travail (même avec des automatismes).

Ceci dit, comme je l'ai dit plus haut, c'est une idée intéressante a creuser.

Portrait de CARPENTERBerta34

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Portrait de JOSEFA33Jefferson

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