De l’indépendance des nouveaux sites d’informations

Le label « Indépendant » est aux métiers de la Presse ce que le « Bio » est à l’industrie alimentaire… Les petits acteurs, en particulier sur internet, usent et abusent de ce « gage de qualité » pour faire valoir leur marque, leur contenu, leur « travail ».

Dans le discours, « Indépendant » signifie avant tout « ne pas être adossé ou lié à un groupe de presse ou un organe gouvernemental ». Il est pourtant un paradoxe que ces mêmes acteurs ne relèvent pas. En effet, l’indépendance est avant tout affaire d’étanchéité ; étanchéité entre « ligne éditoriale » et « financement ». En l’occurrence, dire qu’un média est indépendant s’il n’est adossé à aucun groupe de presse ou organe gouvernementale est un peu court. Car aujourd’hui, et c’est là que réside le paradoxe, la réelle dépendance a pour origine la recherche effrénée d’audience. Les medias dont le financement est assuré par les seules recettes publicitaires sont dépendants de l’audience qu’ils génèrent et ils sont naturellement poussés à suivre le sens du vent, privilégier le coup à l’enquête approfondie, choisir des thématiques vendeuses (faire du clic c'est par exemple faire du Sarkozy et du cul et si possible les deux à la fois : du Carla ?)

Le modèle idéal de financement pour un média indépendant est celui de l’abonnement (et/ou du mécénat). Reste évidemment à savoir attirer le lectorat (et/ou le mécène) et surtout à le conserver. Peu de journaux offlines ont réussi ce pari (Le Canard Enchainé et Charlie Hebdo?). @rrêt sur image et Mediapart, malgré leurs défauts (l’arrogance indécrottable de leurs fondateurs ou l’incapacité à réellement adopter les codes et pratiques de l’internet) ont le mérite de tenter cette expérience et ils sont remarquables pour cela.