En 2027, il faut libérer l'IA de l'État

Le pays réel a déjà basculé

Les derniers chiffres l’indiquent sans équivoque, l'adoption individuelle de l’IA en France est massive et record. Les entreprises suivent, plus lentement mai elles suivent. Le secteur public, lui, reste au point mort.

Terrain Niveau d’adoption Source
Particuliers (12 ans et +) 48 % utilisent l’IA générative. L’adoption la plus rapide en 25 ans de baromètre. Baromètre du numérique 2026, CRÉDOC
Jeunes adultes (18-24 ans) 85 % Idem
Seniors (70 ans et +) 15 % Idem
TPE-PME 26 % utilisent une solution d’IA. Le double de 2024, mais surtout de la génération de contenu (22 %). Baromètre France Num 2025
Grandes entreprises 60 % ont un pilotage transverse de l’IA, 86 % une charte d’usage responsable. Trends of AI 2026, KPMG
Secteur public 27 % des agents disent que leur organisation a investi dans des outils d’IA. Public Sector AI Adoption Index 2026
Intensité au travail 5,2 % des heures travaillées avec l’IA aux États-Unis, 3 fois moins en France. Fed de Saint-Louis, mars 2026

Trois enseignements ressortent de ces quelques données :

  • Un : l'adoption individuelle est spectaculaire.

  • Deux : les entreprises s'équipent mais restent au stade de l'assistance, pas de la reconfiguration des processus.

  • Trois : la France n'est pas bloquée par la peur de l'IA, l'étude Infor/YouGov 2026 montre même qu'elle est le marché le moins inquiet des quatre étudiés sur la sécurité des données (31,5 %, contre 45 % au Royaume-Uni). Ce qui la ralentit, c'est la mécanique du passage à l'échelle : intégration aux systèmes d'information, gouvernance, données, compétences, arbitrages opérationnels.

L'écart entre le discours public et l'usage réel est flagrant. Pendant que l'État communique, à grands coups de sommets, de nominations, de programmes de sensibilisation, les Français, eux, ont adopté.

Le boulet, c'est l'État

Ce n'est pas la société française qui résiste donc à l'IA, c'est sa puissance publique. La France est classée en bas du Public Sector AI Adoption Index 2026. L'usage opérationnel y reste faible et très inégal : un peu plus d'un quart des agents seulement déclarent un investissement de leur organisation dans des outils d'IA, deux tiers disent n'avoir reçu aucune formation, plus de deux sur cinq ignorent si leur administration dispose d'une politique IA.

Le contraste est presque caricatural. D'un côté, un État qui multiplie les sommets, les annonces et les comités. De l'autre, des agents publics laissés sans outils, sans formation, sans cap. La communication a remplacé la décision. Et c'est précisément ce que révèle l'épisode FSD : face à une application concrète de l'IA, l'État ne sait pas dire oui, ne sait pas dire non, ne sait pas dire « voici comment ». Il temporise. Et il appelle ça de la prudence.

Une nation ne devient pas une puissance de l'IA en organisant des conférences sur l'IA. Elle le devient en intégrant l'IA dans ses propres rouages (fiscalité, santé, sécurité, éducation, justice, services publics…) et en libérant l'expérimentation partout ailleurs.

Le FSD de Tesla, un cas d'école

Le 10 avril dernier, les Pays-Bas ont autorisé le FSD Supervised de Tesla sur leur territoire. L'Allemagne y travaille, la Belgique aussi, les pays nordiques également. La Croatie va plus loin : Zagreb accueille déjà ses premiers robotaxis avec Pony.ai.

Et la France ? La France fait ce qu'elle fait trop bien : bloquer sans dire qu'elle bloque, temporiser sans l'assumer et présenter l'immobilisme comme de la sagesse.

Certes, le produit est imparfait, Tesla n'est pas irréprochable, mais un produit imparfait n'est pas une raison de ne rien décider. C'est une raison de décider mieux : tester, encadrer, auditer, publier, corriger, autoriser par étapes. Bref, gouverner.

La France veut être une nation de l'IA. Très bien. Alors qu'est-ce qu'on attend ?

Ce que la prochaine mandature devra trancher

L'élection de 2027 approche. Le sujet IA y sera présent, sous forme de slogans. Il mérite mieux qu'un slogan : une doctrine. Quatre inflexions, qui tiennent en quatre verbes.

  • Libérer. Moins de régulation a priori, plus de liberté d'expérimentation. La voiture autonome est le test grandeur nature : on autorise par étapes, on teste sous conditions, on audite, on publie les résultats, on corrige. Le modèle néerlandais existe, il suffit de le copier intelligemment, pas de réinventer un cadre franco-français qui n'arrivera jamais.

  • Transformer. Plus de volontarisme sur l'État lui-même. Déployer l'IA dans l'administration, former massivement les fonctionnaires, faire de la sphère publique non plus le frein mais le terrain de démonstration. Un État qui utilise l'IA pour mieux servir vaut mille programmes de sensibilisation sur l'IA.

  • Anticiper. Moins de communication réactive, plus de prospective. Cartographier les usages qui arrivent, identifier les arbitrages stratégiques avant qu'ils ne s'imposent dans l'urgence, préparer les doctrines plutôt que les improviser après l'accident ou après le retard.

  • Peser sur Bruxelles. Plus d'intransigeance vis-à-vis de l'Union pour simplifier, harmoniser et accélérer la généralisation de l'IA dans toute l'économie. La fragmentation réglementaire européenne est un handicap que la France subit autant qu'elle l'alimente. Autant en faire un combat assumé.


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