L'IA sait tout faire, et c'est le problème
En ce moment, je me réveille le matin, et chaque idée que j'ai peut prendre forme en quelques heures… La compétence la plus rare n'est ni technique ni stratégique. C'est devenu celle de savoir dire non.
Cette semaine, j'ai passé une grande partie de mon temps sur un seul projet. Qapten.
Qapten est un assistant IA personnel que j'ai lancé il y a deux mois. Qapten, c'est un exemple concret de ce que l'on appelle désormais un agent IA. On a beaucoup entendu parler des chatbots, ces assistants qui répondent à vos questions. Les agents, c'est la génération suivante. Ils ne se contentent pas de répondre : ils agissent. Ils se connectent à vos outils, prennent des décisions, exécutent des tâches.
Qapten est un agent IA personnel basé sur la technologie OpenClaw. Contrairement à ChatGPT ou Claude, il apprend au fur et à mesure que vous l'utilisez. Il est capable d'effectuer des tâches même quand vous n'êtes pas devant lui, parce que vous l'avez programmé pour le faire. Chaque utilisateur dispose de son propre agent, indépendant, avec ses propres règles de sécurité. Un assistant qui vous accompagne au quotidien dans votre travail, disponible sur assistant.qapten.com. Le service est en bêta, une centaine d'utilisateurs l'ont adopté.
À propos : "Diriger à l'ère des agents IA", c'est le thème du prochain dîner du Club TEDxParis que j'animerai avec Antoine Bueno, essayiste, prospectiviste, et Mehdi El Azhari, entrepreneur de la tech. Nous serons une quinzaine à table avec les équipes de Planview pour débattre sur le sujet des agents IA, de leurs promesses et de leurs limites.
Depuis deux mois, avec cette nouvelle aventure Qapten, je vis un phénomène que je n'avais pas anticipé : chaque évolution de l'outil en appelle une autre. Chaque correction, chaque amélioration génère trois nouvelles idées d'amélioration. Et avec la vitesse à laquelle mes agents et moi développons et maintenons cette plateforme, ces idées prennent vie en quelques heures. C'est un peu comme repeindre une pièce et se rendre compte que le plafond aussi a besoin d'un coup, et puis le sol, et puis la maison d'à côté…
Hier, je me suis même retrouvé à imaginer de connecter mon assistant à des lunettes de réalité augmentée (vous savez, les Even Realities dont j'ai déjà parlé), celles qui affichent du texte directement dans votre champ de vision. L'idée est simple : vous posez une question à voix haute à votre agent, et la réponse s'affiche sur les verres, sous vos yeux, en temps réel. Techniquement, c'est faisable. L'idée est là, elle est tentante. Et c'est exactement ça, le problème !
Parce que la vraie question, aujourd'hui, ce n'est plus « est-ce que c'est possible ? ». C'est « est-ce que c'est la bonne chose à faire ? ».
Peter Steinberger
Je suis cette semaine à Vancouver pour ma dix-septième conférence TED, la dernière ici, d'ailleurs, puisque l'année prochaine tout déménage à San Diego, mettant fin à plus de dix ans de présence dans cette ville.
J'y ai croisé Peter Steinberger, le fondateur d'OpenClaw, l'infrastructure sur laquelle Qapten est construit. Je lui ai pitché le projet et le premier truc qu'il me dit, ce n'est pas « génial, va vite, fonce ». C'est : mets des garde-rails. Quand il parle de garde-fous, il évoque évidemment les questions de sécurité d'accès aux outils. Sur ce point, l'assistant est conçu pour toujours accompagner l'utilisateur à se connecter de façon sécurisée à ses outils du quotidien. Il arrive sans aucune connexion externe par défaut. Qapten ne fait pas que répondre aux questions, il agit. Et ça change tout. Parce qu'un agent qui agit sans limites, c'est un agent qui peut déraper. D'où l'importance des garde-rails. Dans Qapten, c'est vous qui décidez, application par application, ce à quoi il a accès et comment il y a accès.
Mais la remarque de Peter est plus profonde que cela. Car il a raison sur un autre aspect. La puissance d'un outil ne se mesure plus à ce qu'il permet de faire. Elle se mesure à ce qu'on décide de ne pas lui laisser faire. Et ça, c'est aussi valable pour notre propre cerveau désormais…
Le plateau qui tourne
Je me suis rendu compte d'une chose : j'ai mis les garde-fous dans le produit. Mais je n'ai pas su les mettre dans mon cerveau…
Pourquoi ? Ces dernières semaines, j'ai eu l'impression d'être debout sur un plateau pivotant qui tourne à 100 à l'heure. Vous connaissez peut-être cette sensation. On vit une époque où chaque idée peut prendre forme en quelques heures. Le matin, dix idées. Avant le déjeuner, trois sont réalisables. Avant le soir, l'une d'elles est déjà en production. Et chaque réussite en appelle une autre, chaque porte ouverte en révèle cinq nouvelles.
On multiplie les projets. On saisit les opportunités. On a l'impression de courir. Mais en réalité, on ne choisit plus.
La seule ressource qui ne se reproduit pas, ce n'est pas la technologie. Ce n'est pas le capital. C'est le temps de cerveau disponible. À l'ère où tout est possible, la compétence la plus rare et peut-être la plus précieuse, c'est celle qui consiste à juger ce qui mérite votre attention. Et à savoir dire non au reste.
Bartleby : "I would prefer not to…"
Face à ce type de vertige, j'ai un réflexe que je cultive depuis longtemps. Quand une question me tient trop, quand je n'arrive pas à démêler ce que je ressens, je vais chercher un roman. Une histoire, une fiction, qui souvent, donne des réponses.
Et cette semaine, j'ai fait quelque chose d'un peu ironique : j'ai posé la question à mon Qapten. Je lui ai dit : « Je suis sur ce plateau qui tourne à 100 à l'heure, je cherche un livre qui m'aide à comprendre. » Il m'en a sorti trois. Dont un que je ne connaissais pas, qui a été son coup de cœur, d'Herman Melville : Bartleby.
Un clerc new-yorkais en 1853. Efficace, consciencieux. Et puis un jour, sans drame, sans crise, sans annonce fracassante, il cesse simplement de répondre aux sollicitations. Face à chaque nouvelle tâche, il répond la même phrase, invariablement : « I would prefer not to. » Juste savoir dire… non. Melville avait compris il y a près de deux siècles ce qu'on a du mal à s'avouer aujourd'hui , particulièrement où tout est possible avec l'IA : la liberté, ce n'est pas d'avoir toutes les portes ouvertes.
C'est de savoir lesquelles on ne franchira pas...
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